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lundi 20 février 2012

Vends: Star déchue, peu servie, faible kilométrage

 

 Ici, à Shepperton, on a un peu repris du poil de la bête. Déjà, suite à la publication du précédent post, on s'est dit qu'il valait mieux ne pas uniquement se remettre aux mains du Harvest Labour Office (équivalent de l'ANPE pour les jobs agricoles en Australie), et on a commencé à prospecté dans les fermes aux alentours. Vendredi matin, après avoir pointé à 8h30 au bureau des jobs, on a donc pris ELVIS et on a filé dans les alentours de la ville histoire de parler directement avec les fermiers.

Vers 10h, on débarque ainsi dans une culture de poires, et on demande au patron s'il ne recherche pas de la main d’œuvre pour les jours qui viennent. Ok, nous dit le gars, vous pouvez commencer tout de suite. Wouaw ! On saute dans nos affaires de boulot, on prend même pas le temps de petit déjeuner et on commence à travailler. Le job n'est pas spécialement compliquer à comprendre: On porte un sac en toile sur le ventre, on y fourre toutes les poires qui nous passe sous le nez dans le verger et on vide ce sac une fois plein dans une grande bin de 500kg. Bien. On apprend que cette bin n'est payée que 34 dollars et des poussières l'unité, et on se rend rapidement compte qu'on ne peut pas les remplir très rapidement même si on fait au plus vite. En 6 heures de boulot, on en aura finalement remplies 3. Pas besoin d'être des fans des chiffres et des lettres pour faire le calcul: C'est de l'exploitation pure et simple, et ramené à l'heure, les 102 dollars qu'on aura touché dans la journée sont vraiment pas chers payés.
On a vraiment pas envie de se faire exploiter ainsi pendant un mois et on se demande si on devrait pas envisager autrement notre périple.

Le diner étant propice à la réflexion (avec un super écrasé de carotte-pomme de terre accompagné d'agneau braisé, MIAM), on en vient à la conclusion que :
1) Une voiture coute vraiment cher avec l'essence et l'entretien.
2) Le boulot de fruit picker, on a vraiment aucune envie de s'y tuer pour un salaire de misère.
Donc, notre idée c'est de revendre ELVIS à Melbourne, et de planifier notre voyage de façon à voyager en stop de famille d’accueil en famille d’accueil.

Oulalalala, pas de panique, on vous voit déjà en train de nous imaginer dans le désert, assoiffés et traqués par un tueur en série sanguinaire. Non, rassurez-vous, on s'est quand même bien renseigné avant de prendre cette décision et le stop est une option tout à fait viable en Australie. Au pire des cas, on prendra un bus ou le train si on voit que l'on se traine un peu trop.

Voilà, maintenant on se dirige vers Melbourne, mais avant on doit repasser à Wangaratta dans le garage qui nous a changé la boite de vitesse, pour qu'il règle un problème: Les rapports passent de plus en plus mal, le passage en mode Drive est accompagné d'un gros sursaut, et le ralenti de la voiture est super élevé. Ajoutons à ça le compteur kilométrique qui nous a lâché et qu'on a du changer pour une 40aine de dollars et vous comprendrez qu'on en a un peu marre de dépenser pour la voiture... Désolé ELVIS, on croyait que tu étais dans ta période 1950s, pas fin 70s !

Sinon, on a trouvé une alternative au camping cher bordé par la voie express pour camion: On dort tels des renégats, des Lorenzo Lamas Australiens dans la foret non loin de la ville. Et pour les douches, on a trouvé un endroit gratuit, ou bien on utilise nos jerricans de 10L.

Restez connectés pour suivre notre arrivée mercredi dans notre famille d'acceuil au coeur de Melbourne!

mardi 14 février 2012

Le coup de la panne

 

Prescriptum: Les photos précédentes ont été ajouté ! Youhou! On espère qu'on aura le temps de mettre les photos dans ce post au passage.

Nous disions donc, nous nous sommes réveillés dans le camping aux abords d’Eden en catastrophe, à quelque 6h30 du matin. Il pleuvait averse et l’endroit commençait à ressembler de plus en plus à un marécage de Louisiane. Sans compter le toit de la voiture qui s’est mis à gouter sur le siège passager par on ne sait quelle fuite…

Bref, après un réveil en fanfare aux aurores, on plie rapidement bagages pour aller voir les horaires d’ouverture du musée local. Fred avait vraiment envie d’aller y jeter un œil, parce que le sujet est plutôt cocasse : Il rend hommage à Old Tom, l’orque Tueur. Aguichant non ? Cet orque, selon la légende, aurait été dans les années 20 à la tête d’un gang d’orques sanguinaires (ok dit comme ça, ça a l’air complètement débile). Il avait compris qu’en rabattant avec ses comparses les baleines isolées vers le port de pêche, et en facilitant leur prise par les pécheurs, il se verrait récompensé par la tête et la langue des animaux vaincus. Et normalement dans le musée, on peut voir la carcasse de ce fameux Tom. Manque de bol, on débarque à 7h devant et les portes ne s’ouvrent qu’à 9h15. Que faire ? Attendre sous une pluie battante l’ouverture ou prendre la route, et laisser derrière nous Tom ? C’est ce second choix qu’on fait, tellement dégoutés de ne rien pouvoir visiter à cause du temps merdique.

On reprend la Princes Highway en direction du Sud, et on quitte l’état du New South Wales pour entrer en Victoria. La route est chouette, vallonnée et les paysages changent sans arrêt. C’est grisant, s’il n’y avait pas cette maudite pluie qui nous cloue à l’intérieur de la voiture. On prend quand même le temps de faire un détour par le village de pécheurs de Mallacoota pour prendre un petit dej’ au bord de la mer. On finit nos pancakes en profitant d’une éclaircie, et on se fait pote avec Kevin, un oiseau dont la race nous échappe et qui n’hésite pas à se pointer  fouiller dans nos affaires et nous suivre lorsque nous faisons la vaisselle. Pas craintif pour un sou, il se laisse caresser pendant qu’il sirote l’eau ayant servie à rincer nos assiettes. A la cool le Kevin. La pluie revient et on doit décoller à nouveau. C’est rageant.
On continue notre route jusque Lakes Entrance, une station balnéaire très prisée des Australiens. Surprenant, c’est le soleil dans un grand ciel bleu qui nous y accueille dans un premier temps. On se dit qu’on ira à la plage après avoir mis à jour le blog, quand le soleil tapera moins. Manque de bol, en deux heures, le ciel se couvre et on quitte la ville sous un orage sans avoir eu le temps de vraiment profiter… Bloody rain ! Bloody summer ! Bloody country !
On a quand même profité de l’arrêt pour appeler un numéro gratuit afin de chercher du boulot, et on a regardé quelques annonces sur internet. Il faut se rendre au Nord de Melbourne, à Sheparton, pour trouver un boulot.
On bifurque alors vers le Nord, en direction du High Country, région montagneuse accueillant des stations de ski en hiver, et passage obligé pour nous rendre dans le Nord. Les paysages changent encore une fois radicalement. Les collines et les montagnes portent encore les stigmates des énormes incendies ayant ravagés la région en 2006. Les arbres sont brulés à perte de vue, et la verdure peine à reprendre sa place. C’est beau, mais la route uniquement constituée de lacets et les roches tombées sur le macadam incitent à la prudence. On arrive alors à Swift  Creek, où on a repéré un camping payant mais annoncé à moins de 20 dollars par notre guide. On s’arrête, et c’est un joli endroit au bord de la rivière Tomba qu’on découvre. Un repas à base de poulet au beurre de cacahuète, un petit film sur l’ordinateur (Et oui, on profite d’avoir du courant) et nous voilà parti dans les bras de Morphée.
Lendemain matin, on se réveille tranquillement sous un chouette soleil. Les fourmis énormes ont envahis l’emplacement et on déjeune les pieds en l’air pour éviter de se faire piquer (ou devrait on dire mordre vu comme on les sent s’accrocher à la peau). Anne-Cath a quand même été pas mal attaqué la veille et son pied est tout rouge et plein de piqures.
On plie bagages et on reprend la route en direction du Nord, en montant toujours plus dans les hauteurs. Le temps se couvre de plus en plus et la halte dans la ville d’Omeo s’avère impossible vu l’averse de grêles qu’on se prend sur le coin du nez. On se demande quand cette poisse va arrêter de nous coller. A chaque fois qu’on roule le temps est correct, mais dès qu’on met le pied en dehors de la voiture c’est l’apocalypse. Les montagnes sont sinueuses, on monte les pentes en lacets qui mènent vers les stations de sports d’hiver préférées des Australiens.  On arrive ainsi à Dinner Plain, à 1800 et quelques mètres d’altitude. Il s’agit d’une petite station construite dans les années 80 sur un modèle architectural High-Country, proche des anciens élevages de bétails et faite avec du bois, des pierres et du fer forgé de la région. C’est mignon mais il n’y a pas un chat donc on ne s’attardera pas plus longtemps.

On continue notre périple en redescendant les montagnes vers Bright, petite ville au pied du Alpine National Park. On se pose pour manger dans un parc du centre ville où la rivière a été aménagée en espace aquatique, avec toboggan, piscines pour enfant et tout le nécessaire pour se changer et se laver dans des bâtiments à proximité. C’est assez marrant de voir ça en pleine ville et on regrette que le temps pourri (encore lui) nous empêche de nous baigner nous aussi.

Prochaine halte, l’ancienne ville minière de Beechworth. Le coin est réputé pour avoir été le théâtre de la ruée vers l’or dans les années 1800 et au début du 20e siècle. Beechworth est l’une de ces villes qui a su conserver le charme architectural de cette époque. Pas de pluie, donc on visite, et on fait une halte dans une célèbre pâtisserie. Anne Cath découvre les éclairs au chocolat locaux et Fred le gâteau de carotte.
La prochaine étape aurait du être Wangaratta, à une 20aine de borne de Beechworth, mais à une dizaine de kilomètres de la destination, arrêté à un stop, Elvis décide de nous lâcher… Impossible d’avancer, les vitesses ne passent plus, si ce n’est la marche arrière. Et rejoindre Wangaratta uniquement en mode reverse est certes réalisable, mais sans doute un peu dangereux.

On demande aux gens du coin s’ils connaissent un garage ou alors s’ils peuvent nous donner un numéro pour appeler une dépanneuse. On nous indique une maison où vit un mécano. On s’y fait déposer par un Australien s’étant arrêté pour demander si tout allé bien. Arrivés dans la cours de la maison, on se dirige vers un petit hangar dans lequel on découvre deux types passablement éméchés et une femme d’une soixantaine d’années. Au début méfiants, ils vont simplement nous accompagner à la voiture, sans quitter leur bière, pour annoncer le verdict : La boite auto est flinguée à cause de notre périple dans les montagnes, et son état à l’achat du véhicule ne devait pas être très bon. On tracte le véhicule jusque chez le mécano en attendant de voir quoi faire.

On fait les présentations. Blacky et Sue vivent dans cette maison, et Neil, le moustachu et meilleur pote de Blacky, est leur voisin. Ces trois compères passent leurs soirées dans l’abri servant de garage à picoler des bières jusqu’à finir ivres morts. Enfin, uniquement les hommes, car si Fred aura eu droit à une bière pour se rafraichir, Blacky n’aura rien proposé à Anne Cath. Ils nous ont tout de même proposé de dormir dans la voiture garée dans la cours et ont fait des pieds et des mains pour trouver une pièce pour la voiture à moindre cout. Ainsi, lundi, Elvis serait à nouveau sur pied.

On n’était vraiment pas à l’aise au début parce que d’une part, l’accent des gars du coin est incompréhensible, et d’autre part parce qu’ils nous ont bien chambrés tout au long de la première soirée. Et au fur et à mesure, on s’est rendu compte que cette apparence bourrue était en réalité une carapace, et Blacky s’est tout doucement montré de plus en plus sympa, nous filant des conseils sur la voiture, des petits cadeaux et des mots sympas autres que « Fuck, Shit et Bloody ».
Sue, la femme de Blacky, a fait tout pour qu’on se sente à l’aise chez eux : Elle nous a proposé de prendre une douche, de faire des lessives, elle nous a fait visiter le coin… D’ailleurs, elle travaille dans un vignoble et nous y a emmené pour une dégustation, et nous a offert deux bouteilles de super bon vin. On a aussi pu aller sur les terres de ses grands parents, qui possédaient un énorme vignoble.

Elle nous a raconté l’histoire de Ned Kelly, véritable figure emblématique de la région. Ce voleur et bandit de grand chemin s’était fabriqué une armure de métal à l’épreuve des balles, et a été capturé à seulement quelques kilomètres de la maison de nos hôtes. C’est devenu l’attraction numéro un du coin. (Un film avec Mick Jagger raconte d’ailleurs l’histoire de ce bonhomme)

Finalement, on est resté quatre jours chez Blacky et Sue, et on garde ces moments comme une excellente expérience qui fait partie intégrante de l’aventure qu’on est en train de vivre ici en Australie.
Elvis est désormais prêt à rouler, et nous plus impatients que jamais de reprendre la route. On file directement vers Shepparton pour trouver du boulot et remplir un peu le compte en banque.

mardi 7 février 2012

En voiture simone !

 

Comme dans tout bon épisode de l'agence tout risque, l'aventure ne peut pas démarrer avant que Baraccuda n'ait bricolé un bon coup le camion et l'ait transformé en véritable engin de guerre. Alors, on est peut-être pas aussi musclés que Baracuda, mais on a bricolé ELVIS V6 comme des malades pour en faire un compagnon de voyage des plus agréable.

Déjà, on a commencé par construire un sommier en deux parties, que l'on a surélevé de 20 cm environ. L'idée est d'en faire un truc modulable pour pouvoir tout de même relever les sièges arrières lorsque les potes débarqueront cet été nous rendre visite. Le fait de rehausser le matelas nous laisse une grande place en dessous et on a grâce à des boites de rangements à roulette aménagé des compartiments pour le matériel de camping, les ustensiles de cuisine et les produits d'hygiène (et les rouleaux de PQ, of course). Deux bidons de 10L d'eau sont accessible à l'arrière du coffre (un pour l'eau potable et l'autre pour l'utilisation courante), un cubitainer de vin en cas de grosse soif, et quelques autres trucs. Les portes arrières donnent directement sur notre dressing, avec les affaires d'Ankat à droite et celle de Fred à gauche. Un petit jerrycan de 10L d'essence derrière le siège passager permet d'éviter les mauvaises surprises.

Le matelas a été récupéré sur un site d'annonce, et le vendeur nous l'a laissé gratuitement alors qu'il en demandait à la base 20 dollars. Il était un peu trop grand pour la voiture (c'est un queen size, donc on a tranché un peu dans la largeur pour lui donner les dimensions idéales.)

Dernier achat indispensable, le CAMPS WIDE 6. Il s'agit de la bible des camping gratuits ou low coast en Australie. Avec lui, on va pouvoir facilement trouver nos points de chute pour dormir le soir/

Maintenant, on va prendre la route pour le Sud, direction Melbourne en longeant la côte. On ne sait pas encore combien de temps le périple va nous prendre, tout dépend des paysages et des arrêts qu'on va faire. On sait juste qu'il faudra bifurquer à un moment pour monter au dessus de Melbourne, à Shepperton pour trouver un boulot de ramassage de fruits. (Fruit Picking)

C'est pourquoi on risque de ne pas poster avant quelques jours, ne vous inquiétez pas !

samedi 4 février 2012

Mesdames et Messieurs, nous vous présentons ELVIS V6 !


Depuis une semaine, on poste pas grand chose. Parce que depuis une semaine, on fait moins de balades et de visites. On écume les petites annonces afin de dénicher la perle rare, le fidèle destrier, le compagnon ultime pour la suite de notre aventure: On recherche un break, qui offrira la possibilité de dormir dans son ventre douillet, nous permettant d'économiser sur le logement lors du périple. Pour trouver, plusieurs solutions: faire les backpackers comme nous vous avions expliqué dans un précédent post, ou bien regarder sur le site référence des annonces australiennes, http://www.gumtree.com.au/. Nous, on recherche deux modèles en particuliers: une ford falcon ou une holden commodore ( le nom local de l'opel astra break)

Pourquoi ces deux modèles? Et bien déjà, ce sont des modèles qui se sont vendus par millions dans les années 90 ici, et les pièces ainsi que l'entretien sont donc super abordables. Et puis, ces deux modèles ont des sièges qui arrières qui se rabattent complètement, ce qui offre une couchette 100% plate. Et quand on projette de dormir dans la voiture la plupart du temps, c'est un réel avantage.

Alors, en une semaine, on en a eu des coups de cœurs et des coups de mou. Entre les véhicules tout équipés, mais vendu à des prix déraisonnables, les cercueils sur roues au pot percé et à l'intérieur cataclysmique, en passant par les voitures sans entretien depuis plus de six mois, il y a de quoi se perdre. On a vu beaucoup beaucoup de véhicules, on a beaucoup pris le train pour aller voir les vendeurs, et finalement ON A TROUVE LA PERLE RARE.


Il s'agit d'une Holden Commodore de 1997, V6, en bon état général, avec 210 000 bornes au compteur, qu'on va pouvoir aménager tranquillement pour en faire notre seconde maison. Son petit nom: ELVIS V6 !On a pu la négocier pour 2300 $AUS soit à peu près 2100€, qu'on espère bien récupérer à la revente avant le départ. A ce propos, un gros gros gros merci au papa de Fred, sans qui nous n'aurions jamais réussi à réunir la somme en liquide aussi rapidement. Bah oui, ici, on est limité en retrait et le compte en banque Australien a eu des débuts difficiles. Bref, MERCI PAPA FRED !

Prochaine étape, c'est de bricoler l'arrière de la voiture et de prendre le large ! Restez connectés !

PS: Je profite de ce post pour dresser un triste constat: Les Australiens aiment les iles flottantes (Fred en a faites il y a quelques jours), mais les irlandaises, les canandiennes et les allemandes détestent ça. Pffff, incultes, elles ne comprennent rien à notre art culinaire :D